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L’annonce du diagnostic d’une maladie grave


Août 2005

Au moment de l’annonce du diagnostic d’une maladie grave et potentiellement mortelle, il faut savoir que le médecin « actualise » en fait, deux maladies pour le malade.

Une maladie organique (VIH, cancer, Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA)…) pour laquelle il a, de toute évidence, de solides compétences techniques et scientifiques mais aussi, et il ne faut surtout pas l’oublier, une maladie anxieuse, qui peut avoir, à très court terme, des conséquences tout à fait délétères pour le malade et sérieusement compliquer sa prise en charge (refus du diagnostic, fuite des traitements, importance des effets secondaires…)

Car, vivre réellement un événement comme étant le début du processus de sa propre mort ne peut pas, du point de vue psychique en tout cas, être considéré comme un événement banal en soi. Le début de la crise que provoque la maladie grave commence avec l’annonce du diagnostic. Pour le malade, il y a alors un véritable basculement, un passage de frontière du monde des biens portants dans celui, beaucoup moins confortable, des êtres en sursis. Le malade sait qu’il risque de perdre la vie, sa famille, de perdre un être aimé, autant de facteurs qui génèrent une souffrance singulière qu’il convient d’écouter et de prendre en charge de manière précoce et adaptée.

Tout soignant doit intervenir à son niveau, dans les limites de sa compétence, dans la prise en charge de son patient dans cette situation. Le psychologue clinicien (titulaire d’un DESS de Psychologie clinique) peut être d’un précieux secours dans ces moments de grande détresse.

Car, ce qu’il faut prévenir, dès l’annonce du diagnostic, c’est l’installation de mécanismes de défense inadaptés, qui vont aller en se rigidifiant, au fur et à mesure de l’augmentation de la pression anxieuse. Une fois la phase de choc et de sidération passée, il faut relancer et maintenir l’activité des processus psychologiques vitaux, afin que le malade continue son chemin de vie de la meilleure façon possible. Il s’agit là d’un authentique travail de soins spécialisés qui est essentiellement centré sur la qualité de vie du patient. Ce type de prise en charge s’adresse avant tout au malade et, si cela s’avère nécessaire, à sa famille. Il devrait pouvoir être accessible à tous les patients atteints de maladie grave, ce qui, malheureusement est encore loin d’être le cas…

Hélène BROCQ,Psychologue Clinicienne, Centre de Référence des Pathologies Neuromusculaires et de la SLA, Service de Médecine Physique et Réadaptation du Pr Claude DESNUELLE, Hôpital de l’Archet 1. Contact : Brocq.h@chu-nice.fr

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