Logo revi-hop 06

REVI-HOP 06

Nous adhérons aux principes de la charte HONcode de HON Nous adhérons aux principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.
Google

Web Sur ce site

Réseau VIH, Revi-Hop 06

Hôpital de l’Archet I BP 3079, 06202 NICE CEDEX 3 - Tél. : 04 92 03 54 09 / 04 92 03 56 24 - Fax : 04 92 03 54 10

Dépistage du VIH : rappel sur la technique


Août 2005

Les personnes qui souhaitent être dépistés pour une éventuelle infection par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) après une exposition possible au virus, suite à un rapport sexuel non protégé ou par contamination sanguine, doivent subir plusieurs séries de tests de dépistage en fonction du moment où ils consultent.

Annoncer à un patient que, malgré un premier test négatif, fait juste après l’exposition pour vérifier sa séronégativité au moment de l’exposition, il faut refaire des sérologies à 1 mois, 3 mois et 6 mois, s’avère être, pour le médecin traitant, un exercice délicat étant donné l’urgence de l’attente de la personne. Le délai entre chaque test est souvent une source de stress intense, amenant le patient à questionner un entourage qui n’a pas toujours les réponses adaptées ou pire qui délivre des informations erronées.

Deux problèmes se posent. Le premier est lié au vocabulaire spécifique à la virologie et aux tests associés, le deuxième est un problème d’écoute. Le médecin possède une légitimité et une autorité qui lui permettent d’être entendu. Il doit expliquer simplement les bases scientifiques et techniques des tests existants (que va-t-on regarder exactement au cours d’une sérologie VIH) et faire un bref historique des différents stades de l’infection par le VIH. Ces informations doivent permettre au patient de comprendre la nécessité des tests notamment ceux du 1er et du 3è mois, et ainsi de le rassurer.

Dans les premiers temps de l’infection, le virus n’est pas présent dans le sang en quantité suffisante pour être détecté. Par ailleurs, la mise en place de la réponse immunitaire humorale, c’est-à-dire quand le corps développe des anticorps dirigés contre le virus, prend environ trois semaines à un mois. C’est la fenêtre immunologique ou sérologique, période pendant laquelle aucun marqueur sérologique n’est détectable.

Les tests de dépistage du VIH sont basés sur des techniques ultra-sensibles permettant la détection des particules virales et/ou des anticorps anti VIH (courbe bleue) dans le sang des patients infectés. La présence d’anticorps anti VIH constitue ce qu’on appelle la séroconversion et se produit à partir du 22è jour après l’exposition au virus.

Pour le dépistage du VIH, au Centre Hospitalier Universitaire de Nice, comme dans beaucoup de laboratoires, nous utilisons deux tests combinant la détection d’anticorps anti VIH 1 et VIH 2 par deux techniques (obligatoire en France), et le dosage de l’antigène p24 (protéine de capside du VIH, courbe rouge), qui devient positive 16 jours après le contact avec le virus.

Dans certains cas particuliers, en cas de forte suspicion clinique de primo-infection, la présence du virus peut être recherchée par une troisième technique détectant l’ARN viral (courbe jaune) présent à partir du quinzième jour après l’exposition, avec un seuil de détection à 50 copies /ml. Il est important de noter que ce test, bien que très performant, n’est pas utilisé en routine, étant donné son coût et la qualité des deux tests déjà mise en oeuvre.

L’analyse des résultats de ces techniques permet au praticien de rendre un diagnostic extrêmement fiable, dans la mesure où les tests sont réalisés dans la période de temps adéquate. Dans la majorité des cas les résultats des tests sont fiables à 1 mois. Cependant, si les tests au premier mois sont négatifs, il n’est pas possible d’exclure une éventuelle infection tant que la fenêtre sérologique n’est pas fermée. Or, la durée de cette fenêtre peut varier d’un individu à l’autre. C’est pourquoi la sérologie négative du patient ne peut être déterminée avec une totale certitude que 3 mois après l’épisode à risque (1). Le test fait au troisième mois n’est pas seulement un moyen “d’être sûr“. Il repose sur des données scientifiques et techniques simples qui permettent d’affirmer la séronégativité du patient.

Le test à 6 mois pour le dépistage du VIH repose plus sur un principe de précaution que sur des données scientifiques claires. Ce prélèvement à 6 mois est par contre justifié pour le dépistage de l’hépatite C. En effet, il ne faut jamais oublier que le VIH n’est pas le seul risque encouru lors d’une exposition au sang ou lors d’un rapport sexuel non protégé et que des pathologies comme les hépatites B et C peuvent être contractées.

Thibault BAROUILLET, comité de rédaction,Thomas MAURIN, Etudiant en thèse, Laurence OLLIER, Praticien Attachée, Université de Nice Sophia-Antipolis, Faculté de Médecine, laboratoire de Virologie

(1) Sauf pour les personnes ayant bénéficié d’une prophylaxie antirétrovirale précoce post exposition au VIH. En effet dans ce cas, la fenêtre sérologique peut être plus importante et la séroconversion intervenir plus tardivement, 3 mois après la fin du traitement antirétroviral.
L'information mise à disposition sur www.revihop06.org vise à soutenir et à renforcer l'information sur des questions en rapport avec la santé. En aucun cas elle ne se substitue à la relation entre un soigné et un soignant.
Copyright 1999-2008, Revi-hop 06