Logo revi-hop 06

Réseau VIH, Revi-Hop 06

Hôpital de l’Archet I BP 3079, 06202 NICE CEDEX 3 - Tél. : 04 92 03 56 24 - Fax : 04 92 03 54 10  revi-hop06@chu-nice.fr

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.

Google
Web Sur ce site

Homosexualité et prévention


Février 2005

Dans le cadre des actions de prévention de l’association AIDES, j’interviens depuis un an dans six établissements des Alpes-Maritimes qui accueillent une clientèle homosexuelle et bi-sexuelle. Ce sont des lieux de rencontre, de détente et certains, des lieux de rencontres sexuelles.

Mon rôle est d’informer, avec un stand d’information, et de créer un espace de parole où chacun sait qu’il pourra venir me rencontrer et parler en toute liberté de ses pratiques, sans être jugé.

Ces lieux pour les gays mettent à disposition de leur clientèle des outils de prévention. Des brochures d’information et des préservatifs sont disponibles à volonté. C’est le Syndicat National des Entreprises Gays (SNEG) qui les approvisionne. Pourtant, je constate sur le terrain un relâchement quant à la prévention. Le retour des pratiques à risques chez les homosexuels et leurs partenaires, relevé par les diverses sources d’informations officielles, les enquêtes d’opinion et autres, est bien réel. Et cela, alors que la grande majorité des individus connaît les modes de transmission du VIH !

En tant qu’acteur de prévention, j’essaye de comprendre avec mon interlocuteur, ce qui peut mettre un frein à la prévention systématique. Quels sont les facteurs qui interviennent dans sa prise de risque, qu’elle soit permanente ou occasionnelle. Plusieurs éléments sont déterminants. Sur le plan psychologique, la mauvaise estime de soi, le manque de confiance ou la timidité sont fréquemment en cause. Des facteurs de vulnérabilité comme une homosexualité mal assumée, une bisexualité mal vécue, la peur de l’homophobie, la jeunesse, l’exclusion ou la précarité sociale,… reviennent également au cours des entretiens.

La communauté homosexuelle, mobilisée depuis le début de l’épidémie, s’essouffle. L’utilisation du préservatif s’est imposée sans que cela soit un choix. Cette génération, qui n’utilisait pas le préservatif avant l’arrivée du sida, a du mal à l’intégrer au quotidien. Beaucoup de personnes pensent que, grâce à l’arrivée des trithérapies, les derniers jours du préservatif sont proches. Il y a également une mauvaise compréhension de l’efficacité des traitements actuels. Certaines personnes touchées par le VIH, qui, grâce aux médicaments ont une charge virale indétectable, pensent qu’elles ne sont plus contaminantes. Les effets indésirables et les séquelles sont complètement occultés.

Mon rôle à AIDES est d’informer, de responsabiliser individuellement chaque personne que je rencontre. Si une personne séronégative a des pratiques à risques, je lui rappelle les conséquences que pourrait avoir son comportement sans porter de jugement.Tout individu peut être séropositif, cela ne se voit pas et il n’est pas facile pour un séropositif d’informer ses partenaires quant à sa sérologie. Les pratiques sexuelles éphémères n’encouragent pas les personnes séropositives à s’étendre sur leur sérologie. Je rencontre également des personnes séropositives qui ont des pratiques sexuelles à risques et qui le reconnaissent. Elles sont souvent exclues de la prévention classique parce qu’incomprises au motif qu’elles n’utilisent pas de préservatif de façon systématique. Mon rôle est de les informer et de comprendre avec elles, ce qui met un frein à la prévention systématique. Lorsque cela s’avère nécessaire, j’envisage avec elles les moyens de simplement réduire les risques. Je m’efforce de ne pas porter de jugement sur ces pratiques, car je n’obtiendrais alors qu’un rejet des messages de prévention.

Enfin je rencontre des personnes qui ne connaissent pas bien les pratiques à risques de contamination par le VIH ou les autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST). C’est le cas chez les jeunes homosexuels avec qui il n’est pas facile de rentrer en contact. Pour amorcer le dialogue, j’utilise parfois un questionnaire préétabli. Ceci permet de débloquer leur parole et c’est bien là le début d’un travail de prévention.

La Côte d’Azur est une région très prisée par les touristes gays. AIDES se doit d’être présent dans les lieux phares et le plus souvent possible, ce qui permet de réagir rapidement et de façon adaptée aux demandes des personnes.

Hugo ARENA, délégué d’action de prévention, association AIDES, délégation départementale du 06 Contact : 25 avenue Malausséna 06000 Nice Tel : 04 93 55 90 35 E.mail : gaynice@aides.org

L'information mise à disposition sur www.revihop06.org vise à soutenir et à renforcer l'information sur des questions en rapport avec la santé. En aucun cas elle ne se substitue à la relation entre un soigné et un soignant.
Copyright 1999-2012, Revi-hop 06