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NICE : filles de l’Est et IST (1) (2)
Février 2005
Les prostituées sont nombreuses sur les trottoirs de Nice et la plupart viennent
des pays de l’Europe de l’Est.

Si tous les pays de l’Est sont représentés, la Bulgarie compte à elle seule pour 30 % du total de
ces femmes. L’âge moyen officiel est de 25 ans mais certaines d’entre elles ont probablement
moins de 18 ans. Deux associations, ALC-Service de Prévention et de Réadaptation Sociale
(SPRS) et SOS Drogue International, entrent régulièrement en contact avec elles ; la langue n’est
plus une barrière grâce à l’intervention de médiateurs qui ont un rôle de travailleurs sociaux et d’interprètes. Plus de
600 prostituées sont ainsi rencontrées chaque année. Par contre, reste le problème de la méfiance vis-à-vis des services
médicaux et sociaux qui, dans leurs pays, ont des liens avec les services de police.
Une centaine d’entre elles ont été examinées au Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG), à la recherche d’IST.
Les raisons de la consultation sont souvent une rupture de préservatif, des symptômes génitaux, ou des algies pelviennes.
Ces bilans ont permis de découvrir, entre autre, que l’infection à clamydia trachomatis était la plus fréquente avec 9 % de PCR
chlamydia positives, 15 % de sérodiagnostics chlamydia à des taux très élevés, suivie par la syphilis avec 3 % de syphilis
récentes et 13 % de syphilis anciennes. L’infection par le VIH a été retrouvée chez 3 prostituées.
Six prostituées étaient enceintes. Si l’usage du préservatif est assez systématique avec les clients y compris pour les rapports
buccaux, les ruptures sont fréquentes et la contraception orale est peu utilisée. La raison en est un défaut d’information et
des idées fausses sur les effets secondaires (risque de modification du corps, prise de poids, association néfaste du tabac et
apparition de varices). Cependant, elles n’utilisent pas le préservatif avec leur partenaire régulier qui est souvent le proxénète
et qui, lui, a de multiples partenaires le plus souvent sans protection. Un important travail d’information est réalisé par les
associations et au CDAG.
Les conditions de vie de ces femmes sont défavorables. Elles vivent souvent à plusieurs dans un studio ce qui explique les six
cas de gale diagnostiqués. Les drogues les plus utilisées sont l’alcool et le tabac, moins chères que les autres.Trois hépatites C
ont été découvertes, liées à une consommation de drogue par voie nasale. Cette étude a montré que la solution médico-sociale
de problèmes liés à la prostitution peut passer par la coopération entre les associations spécialisées et les CDAG. Une
coordination européenne des associations de lutte contre la prostitution se met également en place.
Alain PASSERON, médecins, assistantes sociales, infirmières au CDAG de Nice.
(1) Infection Sexuellement Transmissible
(2) Cette étude a été présentée à la conférence Internationale sur les IST organisée par l’IUSTI (International Union against Sexually Transmitted Infection),
octobre 2004.
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