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Dépistage du VIH : ce n’est pas qu’une prise de sang !


Février 2005

Lors de la prescription du test de dépistage du VIH et lors de la remise des résultats, l’information-conseil du patient est un aspect essentiel de la démarche préventive et curative.

Qui est impliqué dans la démarche ?

Cette attitude devrait être celle recommandée pour tous les médecins et biologistes, tant libéraux qu’hospitaliers. Cela n’est pas toujours évident. Une étude réalisée en région parisienne sur la pratique du dépistage du VIH lors du suivi des grossesses (3) met en évidence que seuls 17 % des médecins donnent une information sur les risques d’infection à VIH à la femme de manière systématique, 33 % parfois et 50 % jamais !

Pourquoi (re)parler du dépistage du VIH aujourd’hui ?

Le rapport Delfraissy 2004 relève que, dans le cadre de la déclaration obligatoire des patients au stade SIDA, la moitié n’avait pas été dépisté préalablement ! Il note également que le risque de mortalité chez les patients pris en charge tardivement (stade SIDA ou taux de CD4 < 200/mm3) est 16 fois supérieur au cours des six premiers mois de suivi par rapport à celui des patients pris en charge précocement. Enfin, la French Hospitalier Database HIV, montre que le dépistage et la prise en charge tardive touchent les patients de plus de 30 ans et que cette tendance augmente avec l’âge (40 ans) et qu’à partir de 60 ans elle est multipliée par 1,8 par rapport à la tranche d’âge 40-60 ans. Dans cette étude, le facteur de l’âge est plus important que tous les autres (sexe, origine géographique, groupe de transmission ou région de dépistage).

Quelle information-conseil personnalisée ?

La consultation médicale préalable est un moment privilégié pour informer l’intéressé sur l’infection par le VIH, identifier avec lui d’éventuelles prise de risques et l’aider à mettre en place une stratégie de prévention. Le médecin doit également expliquer à l’intéressé la signification du test et recueillir son consentement à la réalisation de celui-ci. Lors de la consultation de remise des résultats, qu’ils soient négatifs ou positifs, le médecin expliquera à nouveau la signification du test, prodiguera au patient les conseils préventifs nécessaires et, en cas de séropositivité, l’engagera à bénéficier d’une prise en charge précoce à la fois médicale et psycho-sociale.

Comment aborder les différents aspects de la consultation ?

Vous trouverez sur le site internet du Réseau ville-hôpital VIH www/revihop06.org une fiche soulignant les points les plus importants des consultations pré et post test ainsi que quelques conseils pratiques de communication. Le médecin consultant a un rôle clé dans la démarche préventive et, si besoin, curative lors des consultations pré et post test. En considération du développement de la pandémie, chaque médecin a une responsabilité dans la mise en oeuvre de cette action.

Pierre Luc LASSALLE, comité de rédaction

(1) Sérodiagnostic du VIH : Lignes directrices pour le counselling, publié en 1995 par l’Association Médicale Canadienne,
cliquez ici pour voir l'article
(2) La liste des CDAG du département des Alpes-Maritimes est disponible sur le site du réseau Ville-hôpital VIH, cliquez ici
(3) (BEH 31/1999)
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