REVI-HOP 06
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Réseau VIH, Revi-Hop 06Hôpital de l’Archet I BP 3079, 06202 NICE CEDEX 3 - Tél. : 04 92 03 54 09 / 04 92 03 56 24 - Fax : 04 92 03 54 10L’alcool et la grossesseFévrier 2005
De fausses idées ont longtemps circulées sur l’alcool et la grossesse. L’alcool chez
la femme enceinte reste un sujet tabou, ce qui explique le manque de données
épidémiologiques sur cette consommation. Pourtant, l’exposition prénatale à
l’alcool est un problème important de santé publique dans les pays où les femmes en
âge de procréer consomment couramment de l’alcool. Il s’agit, dans la majorité des
cas, d’une consommation modérée, voire ponctuelle due à un manque d’information.
L’abstinence durant neuf mois est alors facile à obtenir.Le risque réel correspond à un petit nombre de patientes alcoolodépendantes. L’alcool passe la barrière placentaire. Il est nuisible à toutes les périodes de la grossesse. Au cours du premier trimestre, il peut interférer avec le développement foetal. Dans les derniers mois de grossesse, il entraîne des anomalies dans le développement cérébral de l’enfant (cf. tableau page.4).
Le Syndrome d’Alcoolisme Foetale (SAF) est une anomalie congénitale causée par la consommation d’alcool de la mère
pendant la grossesse. Le SAF est caractérisé par des retards de croissance, des dysfonctions du système nerveux central et
des anomalies mineures du visage. Bien qu’entièrement évitable, le SAF est la principale cause
avérée de la déficience intellectuelle non génétique dans le monde occidental. Un enfant sur
1 000 souffre du SAF et un enfant sur 100 présente des signes moins prononcés. Même si les
risques sont majeurs pour une consommation de 3 verres ou plus par jour, les études n’ont
pas retrouvé d’effet-dose et on recommande une abstinence complète. L’avenir de ces enfants
souffrant de SAF est souvent sombre.Beaucoup se retrouvent à l’âge adulte placés dans des institutions. Les taux de petite délinquance sont importants chez ces enfants. L’alcoolisation est plus fréquente et le schéma est reproduit sur des générations. Il convient de dépister de manière précoce les femmes enceintes alcooliques pour, d’une part prendre en charge le plus rapidement possible le futur enfant souffrant de SAF et, d’autre part, pour obtenir un sevrage complet pour les futures grossesses. Heureusement, les choses changent. Les médecins généralistes, pédiatres, gynécologues et addictologues se mobilisent et le dépistage s’organise.Tout intervenant peut, à son niveau, donner une information simple aux femmes enceintes et se doit d’orienter les futures mères posant des problèmes d’alcool vers une consultation spécialisée.
Eve GELSI, Centre de Cure Ambulatoire en Alcoologie, Fédération d’Hépatogastroentérologie et Nutrition clinique, CHU de Nice
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