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Réseau VIH, Revi-Hop 06

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Premiers résultats de la surveillance de l'infection à VIH(1)


Septembre 2004


Depuis mars 2003, il existe un nouveau système de surveillance du VIH/Sida.

Ce nouveau dispositif comporte, en plus de la notification obligatoire des cas de Sida, la notification du diagnostic de séropositivité au VIH, et une surveillance virologique qui permet de caractériser la propagation du virus (test d’infection récente et sérotypage du virus). Les premiers résultats, au 30 septembre 2003, nous en apprennent davantage sur la dynamique de l’épidémie, sur la population séropositive et sur les contaminations récentes.




Le nombre réel de nouveaux diagnostics de séropositivité au VIH pour 2003 est sous-estimé en raison d’une montée en charge progressive du système et des délais de notification. De même, les chiffres régionaux sont peu représentatifs, notamment en Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), où le dispositif a été plus lent et plus tardif à se mettre en place qu’en région Île-de-France.

Le mode de transmission prédominant est la transmission sexuelle. Les rapports hétérosexuels représentent le principal mode de contamination parmi les cas de Sida (51 %) et les nouveaux diagnostics d’infection à VIH (53 %).

L’épidémie chez les hétérosexuels touche largement la population d’Afrique subsaharienne. Ce mode de contamination représente une personne sur deux, principalement les femmes. Elles sont jeunes, 30 ans en moyenne, et ont plus souvent été dépistées à l’occasion d’une grossesse que ne l’ont été les femmes françaises. Ceci est le reflet d’une situation dramatique en Afrique et de liens historiques de la France avec certains pays de ce continent.

Parmi les personnes de nationalité française, le nombre de diagnostics de séropositivité au VIH suite à des rapports hétérosexuels est équivalent chez les hommes et les femmes. En revanche, la proportion d’infections récentes (moins de six mois) est plus importante chez les femmes. Cette différence peut en partie s’expliquer par un diagnostic plus précoce, en raison d’occasions plus fréquentes d’être dépistées, notamment lors d’un suivi gynécologique.

L’épidémie se maintient chez les hommes contaminés par rapports homosexuels. Ils représentent 36 % des nouveaux diagnostics d’infection à VIH et encore 27 % des cas de Sida en 2003. La proportion d’infections récentes est la plus élevée dans ce groupe. Ceci peut être le reflet d’un relâchement des comportements constaté depuis quelques années chez les homosexuels. Mais ce chiffre doit aussi être nuancé puisque le recours au dépistage est plus fréquent dans cette population. La probabilité d’être dépisté rapidement après une contamination est donc plus élevée.

Les contaminations par usage de drogues injectables ne représentent que 3 % des nouveaux diagnostics, ce qui confirme la diminution de la transmission du VIH par cette voie. En effet, une large proportion de patients a déjà été dépistée, longtemps avant d’atteindre le stade Sida. Les chiffres par région ne sont pas encore disponibles : il est probable qu’en PACA ce chiffre soit plus élevé compte tenu de l’importance de cette population dans notre région. En 2003, seuls 14 % ignoraient leur séropositivité avant le stade Sida, contre 40 % chez les homosexuels et 60 % chez les hétérosexuels. Cependant, parmi le faible nombre de nouveaux diagnostics de séropositivité au VIH en 2003 chez les usagers de drogues, 22 % sont au stade Sida, pourcentage plus élevé que chez les hétérosexuels et chez les homosexuels (10 %).

Sandra DEPERI,Technicienne de Recherche Clinique, Réseau Ville-Hôpital VIH des Alpes-Maritimes


(1) D’après l’article paru dans le BEH n° 24-25 du 8 juin 2004 Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice - Département des maladies infectieuses, unité VIH-IST-VHC : F. Lot, F. Cazein, J. Pillonel,R. Pinget,D.David, S. Couturier, B. Basselier, C. Semaille.
Avec la collaboration du Centre national de référence pour le VIH,Tours - Laboratoire de virologie, CHU Bretonneau,Tours : F. Barin, D. Brand, S. Brunet, B. Liandier.

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