REVI-HOP 06
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Réseau VIH, Revi-Hop 06Hôpital de l’Archet I BP 3079, 06202 NICE CEDEX 3 - Tél. : 04 92 03 54 09 / 04 92 03 56 24 - Fax : 04 92 03 54 10Le Piercing sauvageSeptembre 2004
Le piercing est une technique de modification corporelle très
ancienne dans les cultures tribales. Elle est apparue depuis
environ une quinzaine d’années en France et en Europe. Elle
se répand et se démocratise de plus en plus. Elle est, de nos
jours, très fréquente chez les jeunes et fait quasiment partie
intégrante de la culture techno.Cet acte, pratiqué dans de bonnes conditions par un professionnel, ne comporte que peu de risques. Un certain nombre de personnes ont tendance, au regard des prix parfois exorbitants pratiqués, de 30 à 100 euros selon les perceurs et la localisation du bijou, à se percer eux-mêmes ou entre eux, comme je l’ai constaté lors de mon stage de Moniteur-Educateur à Entractres, en discutant avec le public accueilli. Un piercing, même s’il est fait dans les règles, peut causer des déchaussements dentaires en rapport avec un piercing à la lèvre, une hyper salivation et une détérioration de l’émail dues à un piercing de la langue, des infections, des allergies, des rejets, etc. C’est pourquoi, certains hôpitaux ont développé une consultation spécialisée dans le traitement des problèmes liés aux piercings et à leurs effets secondaires.
En France, il n’y a aucune loi concernant la pratique du piercing, hormis celle
sur la protection des mineurs qui soumet l’acte à un accord parental et une
loi sur la destruction des déchets infectieux. La plupart des professionnels
respectent des conditions d’hygiène et d'asepsie sans y être vraiment obligés.
Ces règles, si elles peuvent permettre un travail plus sécurisé, ne sont pas
forcément garantes de la non infection ou du non rejet du piercing.
Faire un piercing requière de prendre des précautions : c'est un acte intrusif, comme peut l’être l’usage de drogues par voie intraveineuse. Il peut, en cas de réutilisation du matériel ou d’usage de matériel non stérile, transmettre les mêmes maladies et infections (VIH,VHB,VHC, etc.). Cela impose au perceur, non seulement une hygiène très stricte comme un lieu propre et sain, des vêtements propres, des mains propres et désinfectées, des gants et du matériel stériles, mais aussi de travailler avec asepsie.Tout le monde ne possède pas des aiguilles avec cathéter, des pinces, des bijoux spéciaux, en titane, acier chirurgical ou téflon. Un piercing nécessite également une bonne hygiène corporelle générale de la personne percée. Durant sa cicatrisation, il doit être nettoyé régulièrement avec un antiseptique local pour les surfaces cutanées ou avec une solution buccale pour les piercings ayant un rapport avec la bouche ou les lèvres. Sachant cela, on peut se demander quels sont les risques réels pris par les personnes qui se percent elles-mêmes ou entre elles, à la "sauvage", et dans quelles conditions elles le font. Possédant moi-même quelques piercings et d’assez bonnes connaissances sur le sujet, j’ai fréquemment été sollicité par les usagers de la Boutique. Ceci m’à incité à mettre en place "un atelier piercing" au cours de mon stage à Entractes. L'objectif était de fournir à ces personnes, qui vivent dans une situation de grande précarité et de grande marginalité, une information adaptée et les moyens nécessaires à la bonne cicatrisation et à l'entretien de leur(s) piercing(s). Susciter une discussion autour du piercing m'a permis de mieux connaître les usagers d’Entractes et donc de les conseiller de façon plus adéquate. Le bilan est plus qu'inquiétant. Les personnes qui s’auto-percent ou qui se font percer par un amateur, le font de façon très risquée. J’ai noté :
Nicolas GIORNI, stagiaire Moniteur-Éducateur, Entractes, Nice
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