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Réseau VIH, Revi-Hop 06
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Interactions entre produits de substitution aux opiacés et antirétroviraux
Septembre 2004
Fréquemment, les produits de substitution aux opiacés interagissent avec les antirétroviraux et
inversement. Les manifestations cliniques (symptômes) ne sont pas toujours corrélées aux données
pharmacocinétiques. Les grands principes de la pharmacocinétique des médicaments sont rappelés
dans l’article précédant,"Dosage des antirétroviraux chez les patients VIH+."
La méthadone
Elle est administrée en dose unique journalière, sous forme d’un sirop, par voie orale. Elle est métabolisée par le foie et
son élimination est rénale et digestive.
Effet de la méthadone sur les antirétroviraux :
- elle provoque un surdosage de l’AZT ou zidovudine (RETROVIR®) en augmentant son aire sous la courbe ce qui peut
conduire à une toxicité de l’AZT, notamment hématologique. A l’inverse, elle provoque un sous dosage de la DDI ou
didanosine (VIDEX®) et de la D4 ou stavudine (ZERIT®) avec un risque d’inefficacité de ces deux molécules et donc
l’apparition de mutations du virus.
- elle interagit également avec deux autres antirétroviraux, mais sans conséquence clinique décrite à ce jour. Elle augmente la
concentration maximale de l’abacavir (ZIAGEN®) et la concentration minimale de l’indinavir (CRIXIVAN®).
Effet des antirétroviraux sur la méthadone :
les Inhibiteurs Non Nucléosidiques de la Transcriptase Inverse (INNTI) et les Inhibiteurs de Protéase (IP) diminuent les
concentrations plasmatiques de la méthadone. Ceci entraîne un risque d’apparition d’un syndrome de sevrage (manque).
Les patients doivent faire l’objet d’une surveillance de ce manque et, si besoin, pour adapter les posologies, d’un dosage
de méthadone. Il faut retenir que des méthadonémies résiduelles inférieures à 100 ng /ml sont insuffisantes et qu’au dessus de
200 ng/ml, les signes de manque ont une forte probabilité d’être inexistants. La fenêtre thérapeutique située entre 200 et
400 ng/ml paraît optimale afin d’obtenir les meilleurs résultats cliniques.
La buprénorphine (SUBUTEX®)
Elle est administrée sous forme de comprimés dosés à 0,4 mg, 2 mg et 8 mg, en dose unique journalière, par voie sublinguale
(sous la langue). Son absorption est sujette à une grande variabilité interindividuelle. Son élimination est rénale et digestive.
En cas d’administration avec les IP, il y a un risque de surdosage de la buprénorphine par inhibition de son métabolisme.
En cas de signe clinique de surdosage, il faut baisser la dose de buprénorphine.
Comme la buprénorphine peut provoquer des hépatites, probablement par toxicité mitochondriale, il est recommandé d’être
vigilant en cas d’association avec les Inhibiteurs Nucléosidiques (IN)(1) qui présentent une toxicité mitochondriale avérée.
Thibaut LAVRUT, Rodolphe GARRAFFO, Laboratoire de Pharmacologie, Hôpital Pasteur, CHU de Nice
Contact : lavrut.t@chu-nice.fr garraffo.r@chu-nice.fr
1) Toxicité mitochondriale des IN : DDC>DDI>D4T>AZT>3TC>ABC
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