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Prise en charge de l’hépatite C dans les Alpes-Maritimes (1)
Mars 2003
On sait aujourd’hui peu de chose sur la prise en charge des patients dépistés positifs pour le Virus de l’Hépatite C (VHC).
En mai 2000,75 Médecins Généralistes des Alpes-Maritimes ont réalisé un dépistage systématique de l’hépatite C selon trois
facteurs de risque : transfusion avant 1991, toxicomanie et incarcération. Quinze pour cent des 6321 patients vus pendant
cette période avaient au moins un de ces trois facteurs de risques. Ce dépistage, dont les résultats ont été publiés
dans un précédent bulletin, a permis d’identifier 229 cas d’hépatite C déjà connus et seulement 9 nouveaux cas.
L’objectif de notre étude fut d’analyser, un an plus tard, la prise en charge de ces patients.
Cent cinquante neuf des 238 cas
reconnus comme anticorps anti VHC positifs à la suite de cette campagne, ont pu être colligés.Il s’agissait de 100 hommes et
de 59 femmes, d’âge moyen 42 ± 12 ans.
La durée moyenne de l’infection au moment du diagnostic était de huit ans.Les principaux modes de contamination étaient
l’usage de drogue passé ou actuel (78%), la transfusion (15%) et l’incarcération (7%). Le suivi était réalisé de façon exclusive
par le Médecin Généraliste dans 34% des cas. Le patient était adressé à un spécialiste libéral dans 20% des cas et hospitalier
dans 46% des cas.Il était rassurant de constater que 98% des patients avaient bénéficié d’un dosage des transaminases et 77%
d’une recherche qualitative de l’ARN viral. Les transaminases étaient élevées dans 59% et normales dans 41% des cas.
La détection qualitative de l’ARN du VHC était positive dans 78% des cas. Une Ponction Biopsie Hépatique (PBH) a été
réalisée chez 62 patients (41%). La moitié de ces 62 patients, soit 19% des 159 patients dépistés, ont reçu un traitement
(interféron ou interféron + ribavirine). L’absence de traitement et le plus souvent de biopsie hépatique, était liée au refus des
patients (26%), à la situation de transaminases normales (26%),à la co-infection VIH (27%). Le dernier quart correspondait aux
situations suivantes :toxicomanie active, alcoolisme et psychose (12%),maladie hépatique évoluée (5%) ou âge trop élevé (3%).
En conclusion, la prise en charge de patients reconnus comme VHC positif à la suite d’une campagne de dépistage apparaît
comme relativement efficace. Elle est marquée par un refus non négligeable des patients vis-à-vis de la biopsie et/ou du
traitement et par l’émergence d’une population difficile à traiter (co-infection VIH, dépendances multiples : alcool, drogue).
Des progrès restent à faire pour une prise en charge plus précoce du malade co-infecté.
(1)Cette étude a reçu le soutien du F.A.Q.S.V. 2000. Les auteurs remercient les 75 Médecins Généralistes pour leur participation active à ce travail,
ainsi que Hélène JOLY et Annie FAFIN pour leur aide.
Denis OUZAN - Philippe HOFLIGER - Philippe CAVAILLER - Albert TRAN et le Réseau Ville Hôpital Hépatite C Côte d’Azur
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