|
Réseau VIH, Revi-Hop 06Hôpital de l’Archet I BP 3079, 06202 NICE CEDEX 3 - Tél. : 04.92.03.54.09 - Fax : 04.92.03.54.10 revi-hop06@chu-nice.fr |
Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.
Juillet 2002
Hervé AESCHBACH, coordinateur de Sida Info Service pour les Alpes-Maritimes,
Véronique MONDAIN Praticien Hospitalier, service des Maladies Infectieuses et tropicales, Hôpital de l’Archet 1
Dans le cadre de ses soirées pluridisciplinaires, le Réseau Ville Hôpital VIH, REVI-HOP 06, a organisé le jeudi 20 septembre une soirée ayant pour thème « sexualité et VIH ». Le sujet a été abordé sous l’angle de la sexologie grâce à l’intervention du Dr Jacques WAYNBERG (1). Une cinquantaine de personnes a participé à cette conférence–débat.
Dans sa présentation, très intéressante, le Dr Jacques WAYNBERG (J. W.) a abordé deux aspects principaux :
- le symptôme sexuel utilisé comme mot de passe.
Par exemple, lorsqu’un homme vous dit : « J’ai des problèmes d’érection ». Que veut-il dire par là ? La réponse que J.W. nous suggère de faire est : « Votre érection intéresse-t-elle quelqu’un ? » Après un bilan organique envisagé si besoin, la discussion s’ouvre sur un autre plan. Que le patient réponde oui ou non à notre question, il abordera, forcément, alors sa vie privée, comme souvent la solitude affective pour un grand nombre de ces patients.
Pour les hommes, c’est l’image virile qui est atteinte.
Pour les femmes, le mot de passe est différent, il concerne plutôt l’aspect physique, souvent programmé par la mode. Lorsqu’une patiente dit : « Je ne plais plus », la question se pose encore sous la forme : « A qui veut-elle plaire ? ». J. W. explique que si un patient se livre ainsi à nous, il nous faut ne pas laisser cette demande, en ne nous autocensurant pas, ni en faisant preuve de pudeur.
- la jouissance dans le risque.
Nos patients ont souvent une sexualité à risque. Pour J. W., les rituels utilisés pour parvenir à la jouissance s’installent avant l’âge de 18 mois et sont difficilement modifiables. Les discours de prévention que nous tenons à nos patients contaminés, comme aux jeunes lycéens et collégiens dans le cadre de prévention primaire, sont souvent très réducteurs et doivent tenter de redonner une place au plaisir si nous voulons réduire les nouvelles contaminations.
Au-delà de la question du sexe, il est question de la jouissance. Parler de gestuel, de comportements sexuels, même avec un lyrisme poétique, n’aborde pas pour autant la question de la jouissance. Il convient d’être dans une vérité des comportements donc parler d’érotisme plutôt que de sexualité ou de génitalité. On inclut alors la question de l’orgasme. Le plaisir, de surcroît féminin, demeure un sujet tabou. Quelle éthique intérieure nous interdit d’entrer dans la question de la jouissance si ce n’est notre propre crainte ?
Le sexologue est le « fossoyeur des tabous » car, lui, aborde la question de la jouissance.
En conclusion:
Pour contourner la loi du silence, vous pouvez, soit parler de sexualité, soit aborder la qualité de vie du patient. Il faut se méfier du courant d’opinion qui laisserait entendre que parce qu’il y a V.I.H., il y a baisse de libido. De surcroît, est-ce que toutes les personnes, même séronégatives, ont une libido ? Le principal défaut serait de croire que « ça » marche tout le temps.
(1) Le Dr WAYNBERG, attaché des hôpitaux de Paris, est expert-consultant de l’O.M.S. et directeur d’enseignement du D.U. « Sexologie et santé Publique » à l’Université Paris VII. Il est l’auteur de plusieurs titres abordant la sexologie.