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Conduite à tenir en cas de risque d'exposition au VIH

Mise à jour : Avril 1998


J.G. Fuzibet - Professeur des Universités, Service de Médecine Interne 1 Hôpital de L'ARCHET 1, NICE
B. Prouvost-Keller - Médecin coordinateur, Réseau Ville-Hôpital VIH, Hôpital de L'ARCHET 1, NICE

Estimation du délai
Exposition sexuelle : Évaluation du risque
Conduite à tenir
Coordonnées des médecins référents sur le 06
Références

Estimation du délai

Le traitement antirétroviral précoce réduit le risque de transmission du VIH après accident professionnel.

Par analogie, il est actuellement proposé en cas d'exposition sexuelle (rapport avec un sujet infecté) ou sanguine (partage de seringue chez l'Usager de Drogues par Voie Intra veineuse (UDVI)).

La proposition ou non d'une prophylaxie repose sur l'évaluation du risque.

Estimation du délai
Exposition sexuelle Délai à partir du début du rapport sexuel ou du premier des rapports
Exposition sanguine En cas d'injections multiples, délai à partir de la dernière injection
Dans les deux cas Le traitement doit intervenir si possible dans les 4 heures suivant le début de l'exposition
Après 48 heures, l'utilité des antirétroviraux n'est pas prouvée.

En cas de viol, le recours au soins souvent tardif limite le bénéfice des traitements.
Pour les UDVI, la réticence à rapporter une rechute de consommation ou un accident de prévention (conduite à risque) est fréquente et peut induire des retards défavorables.

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Exposition sexuelle : Évaluation du risque

Délai de prise en charge <4 heures
=
Efficacité optimale

Il y a trois éléments à prendre en compte :

  • le statut VIH du partenaire
  • le type de pratique sexuelle
  • les facteurs pouvant aggraver le risque de contamination.
Le statut VIH du partenaire
par ordre de risque décroissant
Sérologie connue et positive    
Sérologie inconnue Appartenance à l'un des groupes à risque suivants : homosexuels, bisexuels, UDVI
Sujet à partenaires multiples, originaire d'Afrique sub-saharienne, des Caraïbes ou d'Asie du Sud-Est.
Aucune information sur le partenaire. Si le type de pratique est à faible risque, ne pas traiter. Dans le cas contraire, il est possible de traiter.


Le type de pratique sexuelle
Par ordre de risque décroissant
Anal Risque augmenté en cas de rapport insertif
Vaginal Risque augmenté en cas de rapport insertif
Oral Risque possible
Baiser profond, rapport sexuel avec préservatif resté en place Pas de risque

Facteurs d'augmentation du risque :

  • Stade de l'infection à VIH : primo-infection (X 100 à 300), stade SIDA (X 6 à 18), charge virale élevée, multirésistance aux antirétroviraux
  • Infection ou lésion génitale d'un des partenaires (X 1,5 à 7)
  • Saignement lors du rapport (X 5)
  • Le viol: Il entraîne de fréquentes lésions muqueuses qui constituent un facteur aggravant. Dans ce cas, la proposition de traitement doit particulièrement tenir compte du contexte psychologique.

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Conduite à tenir

Risque de contamination
=
Consultation d'un médecin référent en urgence

En cas d'exposition sexuelle

Rincer immédiatement à l'eau tiède sans savon, ni alcool, ni douches vaginales qui risquent de fragiliser les muqueuses et d'augmenter le risque de contamination

La consultation d'un médecin référent doit être proposée en urgence. À ce jour, aucune grille d'évaluation du risque de contamination par le VIH n'est validée. Chaque praticien, a donc une responsabilité importante dans les décisions à prendre.

Le traitement antirétroviral est en général une trithérapie. Il doit être proposé dans tous les cas si le partenaire sexuel, ou le co-utilisateur de seringue a une sérologie positive, ou s'il appartient à un groupe à risque, et si le délai de consultation est de moins de 48 heures. Il doit être discuté dans tous les autres cas.

Même dans les conditions optimales d'efficacité, c'est-à-dire un traitement triple mis en route dans les 4 heures suivant l'exposition, il existe des cas d'échec. Le patient doit être informé de l'absence de données concernant l'efficacité du traitement. Par ailleurs, quelque soit le risque de contamination, il faut donner les conseils de préventions nécessaires.

Le suivi est capital, tant sur le plan psychologique que clinique et sérologique, VIH (avant J 8, 3 ème et 6 ème mois), Hépatite B et Hépatite C.

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Références

Source : rapport du groupe de travail sur le diagnostic précoce de l'infection par le VIH au Directeur Général de la Santé. Novembre 1997.

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